Après France-Paraguay au Mondial 2026, Kylian Mbappé se retrouve au cœur d’attaques virulentes d’une sénatrice paraguayenne. En quelques jours, la polémique judiciaire et diplomatique change brutalement d’échelle.
En quelques jours, le duel France-Paraguay en 8ᵉ de finale de la Coupe du monde 2026 s’est transformé en crise diplomatique autour de Kylian Mbappé. Dans le viseur : les propos racistes de Celeste Amarilla contre Kylian Mbappé, d’abord publiés sur les réseaux sociaux puis répétés au Sénat paraguayen, où la sénatrice est allée jusqu’à le traiter de "fils de pute". La polémique, loin de retomber, gagne désormais les sphères judiciaires et politiques des deux pays. À l’origine, la sénatrice Celeste Amarilla avait déjà visé le capitaine des Bleus après la victoire 1-0 des Français le 4 juillet, en multipliant sur X les attaques sur ses origines et son intelligence. Le parquet de Paris a depuis ouvert une enquête pour injure publique aggravée et provocation à la haine, tandis que le gouvernement paraguayen, Emmanuel Macron, la Fédération Française de Football et Gianni Infantino ont rapidement condamné ces déclarations.
Tout part d’une image de fin de match : le gardien paraguayen Orlando Gill tend la main à Mbappé. Devant ses collègues, Amarilla décrit ce "jeune qui mettait sans doute les pieds en Coupe du Monde pour la première fois" avant de lâcher : "ce fils de pute refuse de lui serrer la main et lui crie au visage. Ça, ce n’est pas français. Un Français n’aurait jamais fait ça", rapporte Foot Mercato. La scène de la poignée de main devient ainsi le prétexte à une attaque personnelle très violente.
Avant cette intervention, la parlementaire du Parti libéral avait déjà visé le joueur du Real Madrid dans une série de messages sur X, au ton décrit comme raciste et moqueur, où elle s’en prenait à son physique, à son intelligence et à ses origines. Mbappé a répondu en le rendant public à son tour : il qualifie alors Amarilla de "femme méprisable et indigne de sa fonction" et ajoute : "Je ne laisserai jamais aux gens comme elle la liberté de laisser propager leur haine et leur racisme à travers le monde."
Selon le quotidien sportif L’Équipe, le parquet de Paris a ouvert le 7 juillet une enquête pour injure publique aggravée et provocation à la haine ou à la violence aggravée, à la suite du signalement de la Fédération Française de Football. Le dossier a été confié au Pôle national de lutte contre la haine en ligne et à l’OCLCH, et expose la sénatrice à une peine maximale d’un an de prison et 45 000 € d’amende. Cette qualification vise des insultes publiques proférées contre une personne en raison de son origine, ce qui replace l’affaire sur le terrain judiciaire.
Lors de cette séance, Celeste Amarilla, élue du Parti libéral, présente la poignée de main refusée comme une offense à l’humilité paraguayenne. Elle oppose ensuite Mbappé à ce qu’elle décrit comme la "vraie" France, en citant Rousseau, Descartes, Montesquieu, Victor Hugo, Simone de Beauvoir et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, tandis que le sénateur Nano Galaverna ajoute une charge homophobe en le traitant d’arrogant. Cette séquence, largement relayée, notamment par Le Soir, entretient la tension entre Paris et Asuncion malgré la condamnation officielle des propos par le gouvernement paraguayen.
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