Lors du dernier conseil municipal d'Agen, la délibération sur l'avenant à la DSP pour le cinéma art et essai les Montreurs d'Images a suscité un vif débat. Malgré l'opposition du RN et de l'équipe sortante, le rapport...
Lors du dernier conseil municipal d'Agen, la délibération sur l'avenant à la DSP pour le cinéma art et essai les Montreurs d'Images a suscité un vif débat. Malgré l'opposition du RN et de l'équipe sortante, le rapport a été adopté, réduisant les créneaux municipaux de 36 à 31 et augmentant la compensation de 6 000 € pour 2026-2027.
"Le cinéma est du théâtre en conserve". La formule de Louis Jouvet pourrait parfois s'appliquer aux vidéos du conseil municipal d'Agen (*), surtout quand elles révèlent les différends politiques exacerbés entre oppositions et majorité. Le replay de celui du 29 juin dernier est un modèle du genre.
Au cœur d'une séance électrique marquée par la restitution de l'audit financier des comptes de la cité de Jasmin, le rapport sur l'avenant n° 1 à la délégation de service public (DSP) relative à la gestion et l'exploitation du cinéma art et essai par l'association des Montreurs d'Images a cristallisé les tensions.
Le RN de Sébastien Delbosq et l'équipe sortante de Clémence Brandolin-Robert ont tous deux rejeté cette délibération présentée par le communiste Guilhem Mirande. Elle a néanmoins été adoptée. Le nombre de séquences de mise à disposition à la ville d'Agen est donc ramené de 36 à 31 (15 créneaux sont réservés à la ville et 16 à l'université du temps libre).
Pour 2026-2027, le montant de la compensation - elle n'est techniquement pas une subvention - est par ailleurs augmenté de 6 000 € pour les deux premières tranches de fréquentation afin de renforcer le soutien au délégataire dans l'hypothèse d'une baisse du nombre d'entrées.
Claire Rives sort les griffesGuilhem Mirande a préalablement rappelé l'historique de ce "rééquilibrage". La précédente municipalité avait diminué la compensation de 50 000 à 30 000 € "avec un système de participation hybride". Jean Dionis, alors maire d'Agen, avait motivé cette décision par la construction de la troisième salle dont Agen a supporté l’investissement (1,5 M€). Opposant à l'époque, Laurent Bruneau et ses camarades avaient voté contre ce choix au terme d'un conseil de décembre 2025 sur fond de campagne électorale.
Aujourd'hui à la tête de l'hôtel de ville, il assume un détricotage qui irrite Claire Rives. Tout en réaffirmant son attachement à l'outil culturel Montreurs d'Images, la conseillère d'Agen au cœur a sorti les griffes. "Cette délibération manque cruellement d'éléments de fond et de contexte, cela en est presque inquiétant", a-t-elle attaqué.
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Elle a regretté ne pas disposer du nombre d'entrées en 2025 et sur les premiers mois de 2026. Elle aurait également souhaité "des éléments sur la solidité financière de l'association, notamment l'état de sa trésorerie et, enfin, les raisons concrètes et précises conduisant à diminuer les accès gratuits pour la ville".
Absents du rapport, ces éléments étaient en possession de Guilhem Mirande. Avec 59 102 entrées en 2025, la salle devrait rester sous la barre des 60 000 en 2026. "Quant aux créneaux laissés à la ville d'Agen, les services ont remonté que les salles n'étaient pas toutes occupées". "Sur ce sujet, il faut être sérieux", a renchéri Laurent Bruneau, rappelant que l'association existe depuis 30 ans, compte 1 900 adhérents et se situe dans un quartier prioritaire de la ville". "Oui, je suis bien d'accord avec vous : sur ce sujet il faut être sérieux", lui a répondu Claire Rives
Pierre Dupont n'était pas aux côtés du maire lors de son intervention. Le premier adjoint est le directeur des Montreurs d'Images. Thierry Salvalaio, conseiller municipal de la majorité, en est l'ancien président. Les deux hommes n'ont naturellement pris part ni au débat ni au vote pour prévenir tout conflit d'intérêts. Ils avaient quitté la salle des Illustres comme le veut la loi 2013 relative à la transparence de la vie publique.
Nicolas Henry (RN) avait toutefois souligné cette proximité en tout début de conseil, ce qui avait agacé Thierry Salvalaio. "Je trouve petit de mettre en cause la probité de Pierre Dupont. À aucun moment ses fonctions municipales n'ont entaché nos décisions".