« Gaby », « Mamine » et « Tic » étaient des minots des quartiers Nord. Trois enfants perdus, jamais gâtés, qui comme tant d’autres ont versé dans la délinquance. Jusqu’au basculement dans la criminalité, lorsque l’explosion de la cocaïne a fourni aux plus déterminés l’occasion de s’emparer du marché de la drogue.
La cité Bassens, dans le 15ᵉ arrondissement de Marseille, fief de Mehdi Laribi, alias « Tic », un des chefs de la DZ Mafia. D’APRÈS : GABRIEL BOUYS / AFP - VALÉRIE VREL/PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP
Pour aller plus loin
Début des années 2000. Cité Bassens, 15e arrondissement de Marseille. Avec sa gouaille de minot, ses yeux sombres et pétillants, ses longs bras qui rythment ses phrases, Mehdi Laribi tape dans l’œil d’une directrice de casting venue faire des repérages sauvages. Le jeune ado est engagé par le réalisateur Christophe Ruggia, qui lui donne un petit rôle aux côtés d’Adèle Haenel dans « les Diables » (2002). Puis c’est Karim Dridi qui lui offre un second rôle dans « Khamsa » (2008). « Rachitique » (son surnom à l’écran, « Tic » en abrégé) y joue le copain délinquant de Marco, petit Gitan de 12 ans condamné à se débrouiller au milieu d’adultes fracassés dans un Marseille miséreux. « Il était très juste et nature devant la caméra, se souvient Karim Dridi. Pendant les répétitions, il faisait partie des gamins difficiles à garder concentrés, il était turbulent mais il avait envie de bien faire et comprenait très vite. »
Mehdi Laribi n’a jamais percé dans le cinéma. Comme tant d’autres adolescents des « quartiers », de Marseille ou d’ailleurs, il a suivi une de ces trajectoires criminelles éclair auxquelles magistrats et avocats sont habitués. Au début, il a rejoint la masse des « prolétaires du bizness », comme les…

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