Ce lundi 10 août, un homme de 57 ans a comparu devant le tribunal de Carcassonne, pour répondre de "violences habituelles par conjoint suivies d’incapacité supérieure à huit jours", ainsi que "d’usage illicite de...
Ce lundi 10 août, un homme de 57 ans a comparu devant le tribunal de Carcassonne, pour répondre de "violences habituelles par conjoint suivies d’incapacité supérieure à huit jours", ainsi que "d’usage illicite de stupéfiants". Les faits reprochés au prévenu courent sur la période du 1er janvier au 6 août 2026, à Castelnaudary.
Dans la soirée du jeudi 6 août à Castelnaudary, c’est dans le jardin de sa voisine qu’une femme couverte de bleus est venue se réfugier avec la peur de mourir. Elle venait d’être copieusement frappée par son compagnon alcoolisé, et menacée de mort. Sur place, les gendarmes chauriens avaient alors constaté que la victime avait le contour des yeux tout noir. De multiples hématomes et des lésions, ainsi que des fractures des côtes, seront ensuite relevés sur le corps de cette femme par le médecin légiste, qui a fixé son interruption totale de travail à quatorze jours.
Interpellé le soir même, l’auteur des coups présentait un taux de 0,94 mg d’alcool par litre d’air expiré dans l’éthylomètre (soit 1,88 g dans le sang, NDLR). À son domicile, de la résine de cannabis et de la cocaïne ont été retrouvés en faible quantité. Lorsqu’elle a pu être entendue, la victime a indiqué aux gendarmes que son compagnon ivre s’était énervé, après qu’elle a reçu le SMS d’un ex lui souhaitant son anniversaire. Ce n’était pourtant pas la bonne date.
Après avoir tout d’abord menacé de la noyer, le compagnon jaloux avait fait mine de la rassurer, avant de lui asséner un violent coup de poing dans le ventre. Puis de la tirer par les cheveux en lui portant des coups de pied et des gifles. Dans sa déposition, la victime va dénoncer plusieurs faits de violences antérieurs, où son compagnon lui a notamment mis une corde autour du cou, ou encore un sac sur la tête pour l’étouffer. Sans oublier la fois où il lui a mis les pouces dans les yeux pour tenter de les lui crever…
Après avoir passé le week-end à la maison d’arrêt, c’est sous escorte des agents pénitentiaires que Jean-Christophe est donc arrivé devant le tribunal de Carcassonne, ce lundi 10 août après-midi. Jugé en comparution immédiate, ce Chaurien âgé de 57 ans avait à répondre de "violences habituelles par conjoint suivies d’incapacité supérieure à huit jours", mais aussi "d’usage illicite de stupéfiants". Devant la présidente Lisa Olmi et ses assesseurs, le prévenu a reconnu les faits reprochés : "J’ai gravement honte de ce qu’il s’est passé. Je suis prêt à me soigner. Je ne me souviens plus trop de ce qui s’est passé ce soir-là. C’est affreux pour elle. J’ai très honte de cette situation, c’est une horreur pour elle…" Pour expliquer la violence qui a été la sienne, le mis en cause a évoqué son mal-être et la dépression dans laquelle il est tombé il y a plusieurs années. Sans oublier ses problèmes de santé. "Avec elle, on s’est rencontré à Badens il y a trois ans. J’étais en cure de désintoxication…"
Quand deux vulnérabilités se croisent, ce sont des souffrances qui s’additionnent
Du parcours judiciaire de Jean-Christophe, on apprend qu’il a une seule condamnation à son casier judiciaire remontant à 2001. C’était pour une conduite en état d’ivresse. Agent de maîtrise pour l’entretien du cimetière de Castelnaudary, il est en arrêt maladie. Au ministère public, sa représentante a relevé "une dangerosité certaine chez le prévenu, qui dit boire deux bouteilles de vin par jour en plus de l’apéritif". La peine de vingt-quatre mois de prison, dont six assortis d’un sursis probatoire renforcé pour une durée de trois ans, a ainsi été requise avec un maintien en détention pour la partie ferme.
Pour la défense, Me Caroline Branlat est revenue sur la personnalité de son client : "Comment un homme sans passé judiciaire en est arrivé à basculer dans cette violence-là ? Lui qui aimait le sport, la nature… Lorsqu’il va perdre son père, ça va être le début de sa chute. Il a ensuite perdu son travail, son épouse. Ces pertes vont entraîner chez lui des problèmes de santé et des pertes de repère. Il n’a pas réussi à se relever… Quand deux vulnérabilités se croisent, ce sont des souffrances qui s’additionnent ! Est-ce que les conditions carcérales sont adaptées à son état de santé ? Bien évidemment que non !"
Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement décidé de condamner le prévenu à vingt-quatre mois de prison, dont neuf assortis d’un sursis probatoire pour une durée de deux ans. Le maintien en détention a été ordonné pour la partie ferme.