Entre insultes, alcool, crises de jalousie et violences physiques, un homme de 41 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Foix pour plusieurs faits de violences conjugales commis sur son ancienne compagne....
l'essentiel Entre insultes, alcool, crises de jalousie et violences physiques, un homme de 41 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire de Foix pour plusieurs faits de violences conjugales commis sur son ancienne compagne. Malgré des faits en partie reconnus à l’audience, le prévenu a multiplié les minimisations. Il a finalement été condamné à dix-huit mois de prison, dont huit avec sursis. On vous raconte.
Cheveux plaqués en arrière par un serre-tête, le torse bombé, Paul* écoute le tribunal. À 41 ans, cet homme aujourd’hui installé à Saint-Nazaire comparaît devant le tribunal correctionnel de Foix pour plusieurs faits de violences conjugales commis entre février et avril 2026 sur son ancienne compagne.
Dans le box, le prévenu reconnaît certains gestes, conteste le reste et minimise souvent. "Je regrette", répète-t-il à plusieurs reprises. Mais au fil de l’audience, le récit qui se dessine est celui d’une relation courte, d’à peine cinq mois, rythmée par les violences, les insultes, l’alcool et la peur.
Selon Lili*, la victime, tout bascule réellement le 3 avril dernier. En fin de journée, le couple rejoint des amis au restaurant. La soirée se déroule sans incident jusqu’au retour au domicile. Lui boit depuis le milieu de l’après-midi. "Deux-trois demis avant le restaurant, puis encore sur place."
Dans l’appartement appaméen de la victime, le ton monte rapidement. Au cours de la dispute, la plaignante raconte alors une phrase qui fait basculer la soirée : "Tu n’étais pas comme ça quand tu t’es fait prendre, espèce de salope." Une référence à une ancienne liaison de Lili, devenue un sujet récurrent de jalousie dans le couple. Paul attrape alors violemment sa compagne par le bras, la jette sur le canapé avant de lui porter une gifle à l’arrière de la tête. Le fils adolescent de la victime intervient et demande au prévenu de quitter le logement.
Le prévenu finit par s'excuser directement à la victime.
DDM - LONGO CHANTAL
Dans le box, Paul finit par reconnaître "une tape". "Je voulais la raisonner, je sais qu’il ne faut pas faire ça", souffle-t-il maladroitement. La présidente de la cour, Pauline Chaulet, le reprend immédiatement : "On ne raisonne pas quelqu’un en le frappant." Mais le dossier ne s’arrête pas à cette soirée.
Quelques semaines plus tôt, le 18 mars, Lili affirme déjà avoir appelé les forces de l’ordre après une nouvelle dispute. Elle raconte qu’il lui crache au visage, l’insulte de "sale pute", puis revient au domicile malgré sa demande de quitter le logement. Selon elle, il entre par effraction, "défonce" la porte et prend les clés avant qu’une voisine n’intervienne. Ce soir-là, Paul sera interpellé en état d’ivresse.
Le prévenu nie une grande partie des faits. Comme souvent durant l’audience, il nuance. "Il y a peut-être eu des noms d’oiseaux", marmonne-t-il. La présidente s’agace : "Appeler quelqu’un de 'sale pute', ce ne sont pas des noms d’oiseaux."
Présente à l’audience, Lili témoigne d’une voix tremblante. Coiffée d’un carré brun et portant des lunettes, elle s’avance timidement à la barre et peine parfois à terminer ses phrases. Elle décrit un climat devenu étouffant. "À chaque fois, il s’excusait. Il promettait qu’il ne recommencerait pas." Mais selon elle, l’alcool et la cocaïne faisaient toujours revenir la violence. "J’ai peur parce que je sais qu’il peut devenir violent dans ces moments-là."
Elle raconte aussi un autre épisode : un coup porté avec une boîte à chaussures alors qu’il quittait le logement après une nuit alcoolisée. Lui parle d’un "accident". Mais les photographies versées au dossier montrent une trace visible au niveau du nez.
Dans la salle, un autre sujet revient souvent : les enfants. Issus d’une précédente relation, ils auraient assisté à certaines scènes et seraient encore marqués par les violences. "Je veux me reconstruire, souffle la mère en larmes. Et je ne veux plus de relation avec lui parce qu’il n’y a pas de vraie prise de conscience."
Le casier judiciaire du prévenu pèse lourd dans les débats. Huit condamnations y figurent déjà, notamment liées à l’alcool, aux stupéfiants et à des violences. Le tribunal évoque également des menaces de mort dans une précédente relation. "Vous avez un problème avec la violence", résume la présidente. Lui répond : "Je suis impulsif."
Pour la partie civile, représentée par l’auditrice de justice Louise Vincent aux côtés de Maître Dedieu, cette affaire montre surtout une violence qui s’est installée très vite dans la relation. "En cinq mois, il y a déjà plusieurs signalements." Elle souligne aussi la présence des enfants lors de certaines scènes, encore marqués selon la victime. "Rien ne justifie ces violences. On voit surtout quelqu’un qui reconnaît du bout des lèvres tout en minimisant constamment." Elle demande 3 000 euros de dommages et intérêts ainsi qu’une interdiction pour le prévenu de paraître au domicile de son ancienne compagne.
Du côté du procureur de la République, Olivier Mouysset, le dossier est révélateur d’un homme "qui essaie constamment de justifier l’injustifiable. Il parle de maladresses… Alors oui, il est effectivement maladroit", ironise le magistrat, avant de dénoncer une minimisation permanente des faits. Le parquet requiert 14 mois de prison ferme, une interdiction de contact avec la victime ainsi qu’une interdiction de paraître en Ariège pendant deux ans.
De son côté, la défense tente de replacer l’affaire dans un "contexte de couple compliqué". Maître Andrieu souligne que son client reconnaît une partie des faits et demande un aménagement de peine. Dans son dernier mot, Paul se tourne enfin vers son ex-compagne, pour la première fois depuis le début de l’audience. "Je présente mes excuses", dit-il simplement en hochant la tête.
Le tribunal le reconnaît coupable. Il est condamné à 18 mois de prison, dont huit avec sursis, avec obligation de soins et de travail. Il lui est interdit d’entrer en contact avec la victime. Il devra également lui verser 2 800 euros de dommages et intérêts.