La conduite sous stupéfiants s’invite une nouvelle fois devant le tribunal de Foix. Avec quarante-deux mentions à son casier, un homme écope de huit mois de prison ferme pour avoir pris le volant sans permis ni...
l'essentiel La conduite sous stupéfiants s’invite une nouvelle fois devant le tribunal de Foix. Avec quarante-deux mentions à son casier, un homme écope de huit mois de prison ferme pour avoir pris le volant sans permis ni assurance.
Au tribunal de Foix, Francis*, 60 ans, a récemment dû s’expliquer sur ce qui semblait être une banale journée de printemps. Il a comparu pour conduite sous l’emprise de stupéfiants, conduite sans permis valide et défaut d’assurance.
Le 6 avril 2026, il est environ 15 heures lorsqu’une Jaguar attire l’attention des forces de l’ordre dans les rues de Foix. Le contrôle bascule rapidement. Les vérifications établissent que le conducteur est privé de points depuis de nombreuses années. Les tests salivaires, eux, révèlent une consommation de cocaïne et de THC.
À la barre, Francis tente de replacer cet épisode dans un contexte plus quotidien. Il explique qu’il se trouvait chez un ami, venu l’aider à déménager et à entretenir un jardin. "Je m’occupais du jardin", raconte-t-il. "Il m’a demandé d’aller chercher de l’essence pour la débroussailleuse." C’est à ce moment-là qu’il prend le volant. "Le véhicule, c’est le propriétaire qui m’a dit de le prendre", insiste-t-il, affirmant ne pas savoir que la voiture n’était pas assurée.
Mais le dossier judiciaire de Francis raconte une autre histoire, bien plus lourde. Le ministère public rappelle un casier particulièrement chargé, avec pas moins de 42 mentions, mêlant infractions routières et trafic de stupéfiants. Le procureur revient sur une date charnière : "En 2008, il vous a été notifié que votre permis de conduire avait un solde de points nul." Interrogé sur l’absence de démarches pour le repasser, le prévenu reconnaît : "Non, pas vraiment, il y avait toujours quelque chose."
Sur les stupéfiants, Francis oscille entre dénégation et reconnaissance partielle. "Ça doit être l’entourage, j’ai dû inhaler, je n’ai rien pris", affirme-t-il d’abord, avant de reconnaître consommer parfois du cannabis, tout en niant l’usage de cocaïne.
Le parquet insiste sur la répétition des faits et les risques encourus sur la route, rappelant les conséquences parfois dramatiques des conduites sous stupéfiants. Le procureur requiert la confiscation du véhicule ainsi qu’une peine de huit mois d’emprisonnement ferme avec maintien en détention.
La défense, elle, plaide une forme d’impasse sociale et administrative. L’avocate évoque un homme sorti de prison récemment, sans véritable accompagnement, et privé de permis depuis des années. "C’est une personne qui se retrouve dans une errance administrative", souligne-t-elle, estimant qu’un suivi et un sursis probatoire seraient plus adaptés.
Avant que le tribunal ne se retire, Francis glisse dans un dernier souffle : "C’est vrai que j’ai eu beaucoup de peine."
Le jugement est sans appel. Le tribunal le condamne à huit mois d’emprisonnement ferme avec maintien en détention. Les faits sont requalifiés en conduite malgré un solde nul de points, plutôt qu’en conduite sans permis. Une décision qui vient clore une audience marquée par la répétition des infractions et le poids d’un passé judiciaire difficile à effacer.