Après plusieurs épisodes de canicule et une sécheresse qui a durement touché les cultures, les conséquences se font sentir au marché Cristal, à Toulouse. Les vendeurs voient leurs coûts augmenter et leurs clients...
l'essentiel Après plusieurs épisodes de canicule et une sécheresse qui a durement touché les cultures, les conséquences se font sentir au marché Cristal, à Toulouse. Les vendeurs voient leurs coûts augmenter et leurs clients surveillent davantage les prix.
En cette fin août, les allées du marché Cristal, à Toulouse, sont inhabituellement clairsemées. Les étals comme les clients sont moins nombreux qu'à l'accoutumée. Les fruits et légumes de saison sont bien présents, mais certains portent les stigmates d'un été marqué par la sécheresse et les fortes chaleurs. Certains fruits sont brûlés par le soleil, les calibres sont parfois irréguliers... Dans les étals, les conséquences de la météo se voient jusque dans les paniers.
Pour les vendeurs, cette situation a aussi des conséquences sur les prix. Attal, qui vend des fruits depuis plus de 30 ans au marché Cristal, a constaté une baisse importante de la production. "On a nécessairement vu la hausse des prix à cause de la production qui est nettement moindre", explique-t-il en ajoutant qu'il "a dû importer des concombres, par exemple, depuis les Pays-Bas, car il n'y avait pas assez de production en France et en Espagne."
Des fruits plus fragilesLes fruits, comme les nectarines, ont notamment souffert des brûlures provoquées par le soleil et ils se conservent également moins longtemps. "Je dirais qu'on a 30 % de conservation en moins à cause de la chaleur", estime le vendeur. Une durée de conservation réduite qui peut provoquer davantage de pertes pour les professionnels.
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Pour maintenir leur activité malgré ces difficultés, les vendeurs n'ont donc d'autre choix que de répercuter une partie des coûts sur les prix. "Même si on n'aime pas l'avouer, on est parfois obligé de conserver sa marge en augmentant le prix", reconnaît Attal. Une situation qui se ressent aussi dans les allées du marché : "moins de gens sont venus faire le marché cet été à cause de la chaleur et ils achètent nettement moins."
"Ils sont moins beaux mais ils sont meilleurs"Sur son étal, les conséquences des températures élevées sont particulièrement visibles sur les melons. "Ils sont brûlés par le soleil, ils sont moins beaux mais ils sont meilleurs car il y a moins d'eau dedans", assure le vendeur. Pour convaincre ses clients, il n'hésite pas à couper les melons les plus abîmés afin de montrer leur qualité à l'intérieur.
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Du côté des légumes, le constat est similaire. Christian*, vendeur au marché Cristal depuis une dizaine d'années, explique avoir augmenté le prix de certains produits. "On a dû augmenter le prix de certains légumes comme les concombres ou les salades à cause de la sécheresse de cet été." Sur son étal, les produits moins beaux sont également davantage présents : "On vend aussi plus de produits moins beaux qui ont été affectés par la chaleur."
"Il y a une augmentation des prix, c'est sûr"Face à cette hausse, les clients interrogés disent pour la plupart faire davantage attention aux prix. Myriam* constate ainsi une augmentation "partout", au marché comme au supermarché. "Comme tout le monde bien sûr, j'ai vu l'augmentation des fruits et des légumes. Mais on est bien obligé de manger", s'exclame-t-elle.
Pierre, lui, compare davantage les prix qu'auparavant. "Je fais plus attention maintenant aux prix quand j'achète, je compare plus qu'avant", explique-t-il. Pour autant, il n'a pas fondamentalement changé ses habitudes : "J'achète toujours comme avant sinon..."
Tous les clients ne partagent toutefois pas ce constat. Jean*, habitué du marché Cristal, estime pour sa part que les prix sont "plutôt stables cette année" par rapport à l'an dernier. Abdelkader, lui, a remarqué un changement dans les comportements. "Il y a une augmentation des prix, c'est sûr. Je vois beaucoup plus de gens qui viennent acheter les barquettes vendues moins cher juste avant la fin du marché." Lui non plus n'a pas changé ses habitudes, mais veille désormais à ne prendre "que ce que je peux" consommer, "pour ne pas jeter à la fin".
* Les prénoms ont été modifiés