Depuis trois ans, Corentin Navarro est mécano au service course de l’équipe professionnelle Groupama FDJ United. Il participe cette année à son premier Tour de France.
Depuis trois ans, Corentin Navarro est mécano au service course de l’équipe professionnelle Groupama FDJ United. Il participe cette année à son premier Tour de France.
Il a certainement rêvé, un jour, de faire partie des coureurs qui prendront le départ du Tour de France, comme les 184 qui s’apprêtent à le faire ce samedi 4 juillet, à Barcelone. Le Narbonnais Corentin Navarro a touché du doigt le plus haut niveau. Après avoir commencé au sein de l’école de cyclisme du Vélo sprint narbonnais, il s’est hissé jusqu’à l’équipe continentale de la Team Wiggins où il a côtoyé un certain Tom Pidcock, aujourd’hui une des stars du peloton pro. "Un mec très sympa qui me salue toujours quand je le croise." Mais pour arriver à percer, à franchir la dernière marche, il faut parfois "être là au bon endroit au bon moment". Cela ne l’a pas fait pour Corentin. Toutefois, pas de regrets. "On veut toujours aller plus haut. Mais j’ai vécu de belles choses et de belles courses. J’ai couru avec des coureurs comme Van der Poel."
Un métier passion
Passionné de vélo, un virus transmis par son papa Jean, bien connu à Narbonne, qui a eu une très belle carrière amateur et continue comme bénévole, Corentin a voulu "rester dans le milieu". "Je me voyais dans ce monde-là. Et comme la mécanique est un domaine qui m’a toujours intéressé." Il y a trois ans, à 26 ans, après avoir arrêté sa carrière de compétiteur, il a réussi à intégrer le service course de l’équipe World Tour de la Groupama-FDJ United, dans le rôle de mécanicien. "C’est un métier passion. J’aime ce format. Ce n’est pas comme aller à l’usine." Et pour la première fois, il va officier sur le Tour de France, la plus grande épreuve cycliste au monde.
Arrivé mercredi à Barcelone, il est déjà à pied d’œuvre pour préparer les machines. "On a configuré les vélos pour chaque coureur au service course à Villepinte. Puis on est descendus jusqu’à la capitale catalane." Au niveau du déroulement des étapes, l’organisation est bien rodée. "Nous sommes quatre au quotidien. Pendant l’étape, il y a un mécano dans chaque voiture de directeur sportif. Là, il faut être hyper concentré, vigilant, pour réagir en cas de pépins mécaniques ou de crevaisons", explique-t-il. Pendant ce temps, deux autres mécaniciens ont en charge de transférer les camions course dans la prochaine ville-étape. "Après l’arrivée, on travaille tard sur les vélos. On a aussi pas mal de boulot pendant les jours de repos. Là, on change les chaînes et toutes les pièces d’usure." Autour des vélos, c’est l’occasion d’échanger avec les coureurs de l’équipe. "Ils viennent parfois parler de matos, de la course. On a de bonnes relations avec eux. Moi, je m’entends bien avec Romain Grégoire, Quentin Pacher." Un matos qui a beaucoup évolué ces dernières années, avec des géométries de vélos plus aérodynamiques, des cadres plus réactifs comme les roues plus larges et aéros, des roulements en céramique. Ce qui demande, aux mécaniciens, d’être pointus au quotidien. Encore plus sur le Tour. Corentin va donc vivre trois semaines en apnée. Quand il rentrera chez lui à Narbonne, il pourra se détendre et aller rouler. "Quand je suis motivé, je vais faire un tour avec des potes." Le vélo n’est jamais très loin.