La 23ᵉ édition de la Coupe du Monde de Football a débuté jeudi 11 juin au Mexique, au Canada et aux Etats-Unis de Donald Trump, sur fond de politique répressive et de tensions avec l’Iran. Chaque jour jusqu’à la finale, « le Nouvel Obs » vous raconte le meilleur (et surtout le pire) de cet événement planétaire.
A Houston, les joueurs de Curaçao célèbrent leur but contre l’Allemagne, lors de la Coupe du Monde, le 14 juin 2026. CHRISTIAN CHARISIUS / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Au cinquième jour de la Coupe du Monde 2026, l’Iran va faire son entrée dans la compétition contre la Nouvelle-Zélande, au lendemain de l’annonce d’un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Le match doit se dérouler à Los Angeles où, faute de visas, les joueurs iraniens feront l’aller-retour dans la journée depuis leur camp de base au Mexique.
La veille, l’Allemagne a disputé sa première rencontre contre la plus petite nation qualifiée : Curaçao, une île des Caraïbes où vivent environ 150 000 habitants. Un match que Donald Trump n’a pas regardé – savait-il seulement qu’il avait lieu ? –, le président américain étant occupé à célébrer ses 80 ans lors d’une soirée de MMA à la Maison-Blanche. Voici les principales informations à retenir de ces dernières 24 heures.
Curaçao fait une entrée fracassante dans l’histoire du football. Pour la première fois qualifiée à une Coupe du Monde, l’île des Caraïbes a réussi à inscrire son premier but de l’histoire contre l’Allemagne. A la 21ᵉ minute, après une frappe contrée du buteur Jürgen Locadia, le milieu de terrain Livano Comenencia a repris le ballon du pied gauche pour l’envoyer dans le petit filet de Manuel Neuer. Imparable. Si le Curacien (oui, oui, c’est bien le gentilé des habitants de Curaçao) n’a pas empêché la défaite 7-1, il a peut-être poussé plusieurs curieux à regarder où se situe son pays. Pour ceux qui auraient eu la flemme : l’île, qui dépend des Pays-Bas, pointe au large du Venezuela. Une information géographique qui ne doit pas ravir Donald Trump, alias le ravisseur de dictateur vénézuélien.
Donald Trump, justement, s’est offert une soirée de MMA à la Maison-Blanche ! Car voyez-vous, si le président n’est pas un amateur de football (il n’a même pas assisté au premier match de l’équipe des Etats-Unis), il adore les combats entre deux hommes torse nu. Alors, pour son 80ᵉ anniversaire, il s’est offert sept face-à-face dans un octogone installé sur la pelouse de la Maison-Blanche, symbole sacré de la démocratie US. Une certaine idée de l’Amérique…
Populaire en particulier chez les jeunes hommes, un électorat qui a compté dans son retour au pouvoir, le MMA incarne à l’extrême son goût pour la virilité décomplexée. « Ce sont les gens les plus endurcis que vous puissiez rencontrer », a-t-il vanté à propos des combattants auprès du tabloïd américain « New York Post ». Ce show, évalué à 60 millions de dollars par la presse américaine, était réservé à 4 000 proches de Donald Trump, parmi lesquels le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, ou le patron de Paramount, David Ellison.
Un spectacle hors norme qui a éclipsé les questions autour de l’âge du plus vieux président jamais élu aux Etats-Unis. « Ce n’est pas un chiffre qui me plaît, mais je suis là quand même », a clamé le désormais octogénaire, qui rappelle régulièrement être en excellente santé. « Il gère sa présidence comme il gérait sa carrière auparavant : comme un grand spectacle tape-à-l’œil », résume à l’AFP Peter Loge, à la tête de l’Ecole des Médias et des Affaires publiques de l’Université George-Washington.
A croire que la Fifa fait exprès de satisfaire Donald Trump, même quand il ne réclame rien. Depuis le début du Mondial, les joueurs ont interdiction de répondre aux questions en espagnol lors des conférences de presse. Etonnant alors que la compétition se joue en partie au Mexique et que l’espagnol, avec 559 millions de locuteurs, est la quatrième langue la plus parlée au monde. La Fédération internationale de Football s’appuie sur un règlement qui autorise à poser les questions dans la langue du pays où se joue le match, ainsi que celles des deux nations qui s’affrontent.
Le 13 juin, en marge de Brésil-Maroc, on a ainsi vu un modérateur de la Fifa interrompre un journaliste mexicain qui s’adressait dans la langue de Rosalía au joueur marocain Achraf Hakimi, né en Espagne. Et quand le Brésilien Vinicius, qui évolue au Real Madrid, a demandé à un journaliste espagnol de l’interroger dans sa langue plutôt qu’en anglais, celui-ci lui a répondu : « Je ne crois pas pouvoir ». Vinicius a donc dû écouter la question dans une oreillette avec traduction automatique… Même cirque encore le 14 juin avec le Néerlandais Frenkie de Jong, qui évolue au FC Barcelone.
« En español, no », a raillé le journal hispanophone « El País » dans un article relatant la polémique. Sur les réseaux sociaux est montée « une vague de confusion et de théories quant à un supposé veto [de l’espagnol] » sur le sol américain lors du Mondial, notait le journal mexicain « Excélsior ». Si la Fifa avançait une question de traducteurs, elle a finalement fait marche arrière, selon le journal espagnol « Marca », qui annonce qu’un traducteur espagnol sera désormais présent à chaque conférence de presse, « par respect pour le Mexique ». On attend avec impatience qu’un joueur américain réponde en espagnol !
Alors celle-ci, on ne s’y attendait pas. Le maire de New York a rendu hommage à l’ancien joueur français Samir Nasri. La raison ? L’ex-international tricolore, à qui le fisc français réclame plus de 5 millions d’euros, a joué à Arsenal. Et Zohran Mamdani est un grand fan du club anglais – sans que l’auteur de ses lignes, fervent supporter de Chelsea, ne comprenne bien pourquoi. Le 13 juin, les deux hommes se sont rencontrés lors d’un événement en marge de la Coupe du Monde. « Vous avez été une inspiration pour moi », lui a lancé le maire new-yorkais dans un discours amouraché.
A Reims, on adore le Japon ! D’abord parce que les supporters nippons font partie des rares à nettoyer les tribunes après les matchs – ce qui est salué par tous. Mais plus spécifiquement parce que l’attaquant Keito Nakamura, qui joue depuis trois ans pour le club de Champagne-Ardenne, a signé un exploit en marquant le premier but japonais lors du match nul contre les Pays Bas (2-2), dimanche soir. Le joueur de 25 ans est en effet devenu le premier Rémois à marquer en Coupe du Monde depuis… Just Fontaine, en 1958 ! Désormais, son nom résonnera aussi aux côtés de Raymond Kopa, Roger Piantoni et Jean Vincent, des noms qui comptent à Reims et au-delà.
Par Richard Godin