La 23ᵉ édition du Mondial a débuté jeudi 11 juin au Mexique, au Canada et aux Etats-Unis de Donald Trump, sur fond de politique répressive et de tensions avec l’Iran. Chaque jour jusqu’à la finale, « le Nouvel Obs » vous raconte le meilleur (et surtout le pire) de cet événement planétaire.
Le footballeur portugais Cristiano Ronaldo, lors du match contre la République démocratique du Congo, à Houston (Etats-Unis), le 17 juin 2026. MCGUELBER/ODYSSEY IMAGES VIA AFP
Voilà, c’est déjà fini. Rassurez-vous, pas la Coupe du Monde 2026 ! Seulement la première journée de la phase de groupes, c’est-à-dire que chaque équipe a joué une fois. Spoiler : il reste encore 80 matchs étalés sur 31 jours. Désolé pour celles et ceux qui en ont déjà marre, l’auteur de ses lignes est, lui, comme un fou 😍.
Trêve de délectation devant ce délicieux programme, notons qu’il y a eu neuf matchs nuls sur les 24 premières rencontres. Pas fameux. Mercredi, le Portugal de Cristiano Ronaldo s’est cassé les dents contre la République démocratique du Congo (1-1). Le buteur portugais de 41 ans a été vertement critiqué dans son pays, mais aussi par l’ex-attaquant français Thierry Henry, qui a rappelé à la télévision anglaise que « c’est l’équipe qui doit marquer, pas toi ». On songe alors au petit Yoann, toujours « perso » à la récréation (on en a tous connu un), à qui l’on dédie cette leçon de football. Bref. Voici les principales informations à retenir de ces dernières 24 heures.
Alerte polémique ! « Siffler “la Marseillaise” quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire », a affirmé le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, au journal « l’Opinion ». Voilà une drôle de déclaration qui rappelle le match France-Algérie de 2001 – « C’est l’Histoire qui remonte », confiera à ce propos l’ex-ministre des Sports Marie-George Buffet, qui ajoutera que « siffler les hymnes, c’est politique, c’est la colonisation ».
Concernant la déclaration du maire insoumis, il n’en fallait pas plus pour exciter ses trèèèèès nombreux opposants. « A quels peuples exactement le maire LFI de Saint-Denis s’adresse-t-il par cynisme électoral ? », s’est interrogé le président du RN, Jordan Bardella. « LFI franchit une nouvelle étape : la haine de la France est désormais pleinement assumée », a aussi tancé le secrétaire général de LR, Othman Nasrou. Sans surprise, CNews (diffuseur de propos racistes à l’encontre de l’édile insoumis) en parle aussi beaucoup. Citons la fine analyse de l’avocat Gilles-William Goldnadel – « Bally Bagayoko veut violer la volonté du peuple français et lui crache dessus » – ou la petite leçon de la fausse sociologue Sabrina Medjebeur – « Je pense que Bally Bagayoko devrait remercier la France, puisqu’elle lui permet de porter l’écharpe tricolore. »
Face au tohu-bohu, Bally Bagayoko s’est défendu ce jeudi de toute « incitation » à huer l’hymne national. « Expliquer un phénomène n’a jamais signifié l’encourager. Chercher à comprendre pourquoi, dans certaines circonstances exceptionnelles, “la Marseillaise” est sifflée relève de l’analyse et de la réflexion, pas de l’incitation », a-t-il argumenté dans un communiqué. Pas sûr que cela éteigne tout de suite la polémique. En attendant, on n’a entendu personne à droite ou à l’extrême droite hurler au scandale quand l’hymne iranien a été sifflé lors de la Coupe du Monde.
En parlant de siffler, la pause fraîcheur commence à sérieusement agacer tout le monde. Longue de trois minutes, elle a systématiquement lieu à la moitié de chaque mi-temps. Imposée par le président de la Fifa, Gianni Infantino, elle sert officiellement aux joueurs à se désaltérer. En réalité, elle est surtout un méga super énorme moyen de diffuser des spots de publicité supplémentaires vendus à prix d’or. Cette micro-pause business agace au plus haut point les supporters, qui le font savoir. Lors du match entre le Ghana et Panama, des huées ont été entendues quand le jeu s’est arrêté. Idem lors de Angleterre-Croatie. Comme l’a résumé un supporter britannique à la BBC : « C’est l’américanisation du football. » Et ça, c’est NON.
Pas d’américanisation mais une trumpisation. Les supporters anglais ont rendu un vibrant hommage (ironique) à Donald Trump en détournant son célèbre slogan « Make America Great Again » (rendre à l’Amérique sa grandeur d’antan, en français). A la sortie du Dallas Stadium, où leur équipe venait de terrasser la Croatie (4-2), certains ont brandi une banderole détournant la mythique photo des joueurs anglais vainqueurs de la Coupe du Monde 1966. On y voit le président américain soulevant le trophée en lieu et place de Bobby Moore – dont le troisième prénom est Chelsea, oui comme le plus beau club du monde que soutient l’auteur de ces lignes !
Des supporters anglais au Dallas Stadium, à Arlington (Etats-Unis), le 17 juin 2026. MICHAEL STEELE/GETTY IMAGES VIA AFP
Défait mais plein d’humour. Le sélectionneur belge de l’Afrique du Sud a été interrogé sur les vives critiques contre son équipe, défaite par le Mexique (0-2) lors du premier match du Mondial. Pas décontenancé, Hugo Broos a sorti sa meilleure anecdote : « Il y a huit mois, lorsque nous nous sommes qualifiés pour la Coupe du Monde, à domicile contre le Rwanda, quelqu’un est venu me voir et m’a dit “Coach, il faut qu’on vous fasse une statue en Afrique du Sud”. Je lui ai répondu “Alors faites-la en bois, comme ça, vous pourrez la brûler plus facilement quand je perdrai”. C’est ce qu’il se passe maintenant. » Humoristiquement parlant, Hugo est le Boss (désolé, c’est nul) !
Par Richard Godin