La 23ᵉ édition du Mondial a débuté jeudi 11 juin au Mexique, au Canada et aux Etats-Unis de Donald Trump, sur fond de politique répressive et de tensions avec l’Iran. Chaque jour jusqu’à la finale, « le Nouvel Obs » vous raconte le meilleur (et surtout le pire) de cet événement planétaire.
L’arbitre américaine Tori Penso durant le match entre la République tchèque et l’Afrique du Sud, à Atlanta aux Etats-Unis, le 18 juin 2026. ULRIK PEDERSEN / NURPHOTO VIA AFP
A jamais les premiers ! Invisibilisé par les Etats-Unis de Donald Trump, le Mexique pourra au moins revendiquer d’être la première équipe qualifiée pour les seizièmes de finale du Mondial. Sa victoire contre la Corée du Sud (1-0) nous permet en effet de rappeler que Mexico coorganise la Coupe du Monde avec Washington et Ottawa. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a de nouveau brillé par son absence dans le stade, pour protester contre les prix exorbitants des billets. Après avoir assisté au match d’ouverture dans une fan zone, elle était cette fois-ci devant sa télévision, toujours vêtue du magnifique maillot vert floqué « Presidenta ». On attend avec impatience (non) qu’Emmanuel Macron s’affiche avec le sien, reçu lors de sa visite à l’équipe de France le 2 juin.
Ce 18 juin a aussi été marqué par l’appel de l’Iran à cesser sa maltraitance. La Team Melli a annoncé qu’elle allait porter plainte auprès de la Fifa, à cause des « restrictions » pour entrer aux Etats-Unis. Une nouvelle tension entre Iraniens et Américains, alors que leurs négociations pour la paix au Moyen-Orient tournent déjà au vinaigre. Voici les principales informations à retenir de ces dernières 24 heures.
L’équipe d’Iran, donc, a décidé de porter plainte auprès de la Fifa. C’est qu’elle en a gros sur la patate. Conspués par les opposants au régime islamique lors du premier match, les joueurs iraniens sont en plus trimballés d’avion en avion entre le camp de base au Mexique et les matchs aux Etats-Unis. La faute aux « gringos », comme disent les latinos, qui refusent de délivrer des visas à certains membres de la délégation iranienne.
Ces « restrictions sont contraires au principe d’égalité des conditions pour toutes les équipes participantes et risquent de nuire à la préparation », a fustigé un responsable de l’équipe dans un communiqué. Le 15 juin, le sélectionneur Amir Ghalenoei avait déjà estimé que son équipe était « la plus maltraitée de toute la Coupe du Monde ». Pour son prochain match dimanche contre la Belgique, les Iraniens souhaitaient venir deux jours plus tôt afin de s’acclimater. Ils ne pourront finalement fouler le sol américain que la veille.
C’est tellement zinzin, ça mérite de s’y attarder. On vous a déjà parlé de Gianni Infantino, le servile valet de Donald Trump (et accessoirement président de la Fifa), qui prend des jets privés pour assister à deux matchs du Mondial par jour. Eh bien le cabinet de conseil en environnement Greenly a calculé qu’en maintenant son rythme actuel, cela représentera entre 300 et 500 tonnes de CO₂ émises sur l’ensemble du tournoi. Si on ajoute les effets non-CO₂ de l’aviation (les traînées de condensation notamment), on arrive à 900 tonnes. Un total qui, accrochez-vous, représente l’équivalent de l’empreinte annuelle de 35 à 55 Français !
Heureusement, il n’y a pas que Gianni Infantino dans la vie du Mondial. On peut citer Tori Penso, l’arbitre américaine qui était au sifflet du match entre la République tchèque et l’Afrique du Sud. A cette occasion, elle a distribué trois cartons jaunes, d’où le choix du titre de la rubrique. A 39 ans, elle est surtout devenue la deuxième femme de l’histoire à arbitrer une rencontre de Coupe du Monde masculine. Une bonne nouvelle qui illustre toutefois l’absence de femmes dans le corps arbitral, mais plus généralement dans le football (on pense aux différentes instances). Comme un triste symbole : la Française Stéphanie Frappart, qui avait arbitré un match lors du Mondial en 2022, n’a pas été retenue pour cette compétition…
Il s’appelle Abdukodir Khusanov et joue dans l’équipe d’Ouzbékistan. Mercredi, lors du match contre la Colombie perdu 3-1, le joueur de Manchester City - qui a fait sa première apparition en 2025 lors d’un match contre… Chelsea, que les lecteurs fidèles connaissent comme étant le club de cœur de l’auteur de ces lignes [long soupir de la personne du « Nouvel Obs », pas fan de Chelsea, qui relit l’auteur de ces lignes depuis le début de la Coupe du Monde] - a violemment percuté un cameraman au bord du terrain. Rien de méchant, juste le résultat d’un duel avec le joueur colombien Luis Díaz. Reste que le cameraman s’est fait balayer par les 1m86 et 84 kg du défenseur, et a dû être pris en charge par une équipe médicale. Là où on salue le jeune joueur ouzbek, c’est qu’il a offert un de ses maillots au grand blessé en guise de pardon. Un joli présent assorti d’une dédicace : « Je suis désolé. » La grande classe.
Par Richard Godin