Pendant le Mondial, le sociologue du sport Seghir Lazri décrypte ce que les équipes disent de leur pays ou de l’évolution du sport. Aujourd’hui, focus sur la sélection d’un des trois organisateurs de la compétition : les Etats-Unis, qui entrent en lice dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 juin.
Donald Trump aura-t-il vraiment envie de soutenir l’équipe nationale des Etats-Unis ? Bon nombre des joueurs qui la composent sont issus des mouvements migratoires récents, que ce soit la star Christian Pulisic, d’origine croate, ou Folarin Balogun, d’origine nigériane : la sélection US semble afficher un visage bien éloigné du fantasme de l’Amérique MAGA (Make America Great Again) de Donald Trump. Dans un contexte brutal de chasse aux migrants, de regain d’une idéologie suprémaciste divisant la société, une épopée à la Coupe du Monde de l’équipe américaine, qui jour son premier match de la compétition face au Paraguay dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 juin à Inglewood (Californie), mettrait en tout cas en valeur un autre visage collectif du pays aux yeux du monde.
C’est le paradoxe du foot aux Etats-Unis : avec plus de 4 millions de licenciés, c’est la deuxième plus grande nation au monde, en termes de licenciés ; pour autant, le « soccer » reste une pratique symboliquement mineure dans le pays.
Cette situation, singulière et his…
Cet article est une carte blanche, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

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